La tristesse des jours qui passent m'enlace de son étreinte amère
Je me rappelle les vents froids de l'hiver secourus par les rituels chauds du foyer
Je me souviens les matins éreintés, les soirées enivrées
Je me souviens la vogance du temps à travers l'instant,
Tirant ma main vers des lendemains toujours plus élevés
Je me souviens ces habitudes bien-aimés par mon cœur et haies par ma raison
Je me souviens la vie d'enfant qui a enflammé mes ardeurs et enveloppé mon cœur de sa tendre chaleur
Ces images, ces sons et ces saveurs
A jamais a travers l'esprit, comme l'océan stagne a travers l'horizon
Éternel dans mon cœur et dans la fierté d'un présent possédé
Vie, je t'embrasse de toute mon âme et me prosterne face a ton trône de cristal
Écoute mon chant, écoute mes pleurs
Hier était si beau et si vivifié que demain m'imprègne de peurs
Cajolée, choyée par les bras bien aimant d'une mère qui m'entraînait dans son ombre
Afin d'illuminer l’être dans sa sempiternelle pénombre
Merci pour cette enfance qui fut si belle,
Merci pour ces instants vécus avec l'ardeur d'une passion pour la vie elle même
Je vois au loin que les préliminaires touchent a leur fin
Et que je suis fin prête a m'élancer vers nos mers infinies
Le chemin m'a été montré et sur le sentier je me suis avancé
Et ces pas je les ai compté et scruté comme mes dernières expirations
A présent s'ouvre le sauvage dessein et se prépare une nouvelle inspiration
La fin d'une enfance primitive pour se plonger dans la sage vieillesse
Mon identité s'accule face a mon âme et la remercie avec allégresse
D'avoir su voir lorsque j'étais aveugle et d'avoir marché lorsque j’étais fatiguée
Et a travers la mort je me relève comme je l'ai toujours fait,
Et embrasse l'instant que de tes mains tendues tu m'offre, souriante
Souviens toi, et le repos sonnera lorsque la peur sera anéantie
Souviens toi, et a travers les brumes subsisteront les sensations de l'ivresse
Souviens toi de la glace, souviens toi du feu
Des sourires, des brises et des adieux
Des larmes, des rires et de la tiédeur accomplie
Souviens toi les ténèbres qui emprisonnent la lumière
Souviens toi du faisceau blanc a travers l'obscurité
Et n'oublie pas qu'a jamais je suis là, avec toi,
Pour t'insuffler cette essence qui te fait vaciller.
Jessabelle
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